Vêtements faits au Québec: réagir ou mourir

Récemment, on voit tourner une lettre qui fait appel à un soutien auprès des producteurs de mode, la mode au Québec.

 

Ulocal veut mettre en lumière ces créateurs. D’ailleurs, plus de 70 designers et boutiques de mode promouvant la production locale, et ce, seulement au Québec, sont inscrits sur la carte de localisation. https://www.ulocal.co/carte-des-artisans-locaux/

Nous souhaitons souligner l’importance de l’achat local, non seulement pour l’économie locale, mais aussi pour l’empreinte écologique de chacun.

 

L’équipe Ulocal

 

 

Saint-Jean-sur-Richelieu, le 22 février 2019

 

 

LETTRE OUVERTE

 

Vêtements faits au Québec: réagir ou mourir

 

C’est avec le cœur rempli de tristesse que j’apprends la fermeture de Myco Anna et de La Gaillarde cette semaine, deux pionnières de la mode écoresponsable. Deux de mes consoeurs dans la bataille du slow fashion contre le fast fashion ou devrais-je plutôt dire de la bataille de David contre Goliath

 

Ce matin, ce n’est pas Caroline Néron ou Téo taxi qui sont en difficulté. Il n’y a pas d’argent des poches des contribuables qui est en jeu ni de personnalités connues. Ce sont des entrepreneurs, qui à bout de souffle, rendent les armes. Ce sont des entrepreneurs qui croyaient possible de gagner leur vie en rendant le monde plus beau et plus vert un vêtement à la fois. Ce sont plus d’une trentaine de personnes qui perdent leur emploi et le rêve de toute une vie. Mais tout ça, ce n’est pas assez glamour pour faire la grande manchette.

 

Quand allons-nous réagir? Lorsqu’il sera trop tard? Chaque petite bataille perdue c’est la terre au complet qui se meurt. Pourquoi la mode fabriquée chez nous n’est-elle pas un enjeu, une fierté, une nécessité, une pierre angulaire de notre économie? Les grands détaillants d’ici nous encouragent à acheter chez eux, mais en contrepartie, pourquoi n’ont-ils pas le devoir d’acheter au moins une partie de leur collection auprès de manufacturiers et designers québécois? Plus de 100 000 emplois pourraient être créés si, chaque semaine, les familles québécoises remplaçaient ne serait-ce que 20 $ de biens provenant de l’extérieur par des produits locaux. Alors pourquoi n’est-ce pas un réflexe d’acheter avant tout un vêtement fait ici?

 

J’en appelle à nos dirigeants, messieurs les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault: à quand une loi pour encourager les détaillants à favoriser les produits québécois et canadiens dans leurs achats? Le mois dernier, j’étais de la mission MMode au Magic Show de Las Vegas. Le gouvernement a dépensé une fortune pour envoyer un convoi faire la promotion de nos produits aux États-Unis. Pendant ce temps, combien d’argent est dépensé chez nous pour promouvoir et faire prospérer la mode fabriquée ici afin de favoriser l’économie locale tout en diminuant notre empreinte écologique?

 

Designer québécois

J’en appelle aux entreprises québécoises qui font, pour certains du design local, mais qui, pour toujours plus de profit, choisissent de s’approvisionner et de fabriquer ailleurs. À la fin de journée, c’est vos propres clients qui en payent le prix. Souvenez-vous d’un temps où le « fait au Canada » avait ses lettres de noblesse. La roue tourne et vous avez le pouvoir de faire une différence.

 

J’en appelle à ma famille, à mes amis, à mes voisins, à vous que je ne connais pas, mais que je croise chaque jour dans la rue. Choisir un produit québécois au détriment d’un autre, c’est aussi se choisir, choisir sa famille, sa planète et un futur pour nos enfants.

 

Mesdames Nathalie et Christiane Garant de Myco Anna, Annie de Grandmont de La Gaillarde, je suis de tout cœur avec vous et vous pouvez être fière du travail accompli. Nous maintenons le flambeau de la mode éthique allumé, mais vivement que le pays tout entier se réveille pour attiser la flamme.

 

Julie Rochefort

Presidente – designer

MESSAGE FACTORY  – OÖM ÉTHIKWEAR